Assumer son âge et continuer d’avancer sereinement, c’est possible ! Pour cela, rien de tel qu’un « droit d’inventaire » bienveillant et lucide. Nos témoins l’ont fait pour nous.

Ce qui est mieux maintenant
« Je me sens plus sûre de moi, capable de dire au boucher que son rôti était fibreux… Ou à un client qu’il me “gonfle” ! Moins égocentrée, je n’ai plus

peur de ne pas être appréciée. Il fallait toujours que je sois LA plus drôle, LA plus sympa, LA plus belle… Maintenant, je me trouve bien assez belle pour mon âge et je ne cherche plus à séduire à tout prix ! » Patricia, 55 ans

« Ne plus courir en permanence et savourer la liberté d’organiser mon temps comme j’en ai envie, même si c’est déstabilisant au début. J’ai dû apprendre à ne pas culpabiliser de “ne rien faire”, avant de démarrer un autre cycle de vie qui a du sens. En m’investissant avec les bénévoles du Secours catholique… et en m’offrant des cours de peinture ! » Christiane, 70 ans

« Les relations avec mon fils ont évolué. À 40 ans, je ressentais un sentiment d’échec et d’inquiétude car il n’était pas du tout scolaire. Aujourd’hui, il est trentenaire, plutôt bien dans sa peau. Et je découvre – c’est à la fois bizarre et réconfortant – qu’à son tour, il commence à veiller sur moi. Ses attentions nouvelles, comme m’attendre en vélo ou me tenir la main pour enjamber un cours d’eau en balade, me touchent. » Sonia, 66 ans

« Oublier que je vieillis ! Lorsque le chirurgien qui m’a opérée du canal carpien m’a demandé mon âge, j’ai répondu : “55 ans, non, attendez, 56 ans… euh, non, 57 !” Il m’a regardée en rigolant : “Bon, vous avez quel âge finalement ?“ J’ai dû me rappeler mon année de naissance pour savoir quel âge j’avais. » Anna, 57 ans

« Plus sereine, apaisée, j’ai gagné en légèreté… et en humour. La thérapie démarrée il y a quelques années porte ses fruit. J’ai cessé de me juger et de me laisser atteindre de plein fouet par le jugement des autres. » Dom, 56 ans

« Travailler encore deux jours par semaine – à mon rythme, comme auto-entrepreneuse –, aller au ciné, bouger et surtout ne pas rester scotchée devant la télé. Ça m’a sauvée de la déprime quand je suis partie à la retraite, en pleine forme, il y a cinq ans ! » Noëlle, 65 ans

Ce que j’ai appris
« À oser dire à un homme plus jeune que moi que je le trouve très beau, sans rougir, ni équivoque ! Et, surtout, à bannir les « j’aurais dû ». Si c’était à refaire, je referais tout pareil. » Patricia, 55 ans

« Mes enfants étant adultes, poussée par l’urgence liée au temps qui passe, je m’autorise à prendre plus de risques pour réaliser mes rêves d’ado : faire de la plongée, voir le Taj Mahal, m’initier à l’escalade, voyager en moto et sac au dos et rouler 1000 kilomètres au fin fond du Laos ! Repousser mes limites me donne la pêche. Mon plus grand défi ? Chanter et jouer de la guitare dans un groupe de rock ! » Anne, 58 ans

« À ne rien m’interdire : j’ai appris à jouer du djembé à 60 ans. Fascinée par l’Afrique et les percussions, j’en rêvais depuis longtemps… Et je m’éclate ! L’an dernier, j’ai improvisé un « bœuf » en Guadeloupe avec des musiciens. Et je bluffe ma famille, à commencer par mon mari et mon gendre, pianiste émérite, qui était au départ, disons, dubitatif sur mon sens du rythme ! » Noëlle, 65 ans

« Moins complexée, je suis plus bienveillante envers mon corps, ce compagnon de route dont je connais les qualités et les défauts (rides et bourrelets). Lui et moi, on s’aime bien… Mais je soigne davantage mon allure. À 40 ans, je me fichais de sortir habillée à la va-vite ou mal coiffée. C’est fini ! » Sophie, 60 ans

« Maintenant, je me ressource davantage dans la nature qu’en voyageant. Et de chaque petit bonheur qu’elle m’offre, je fais des instants contemplatifs : un rayon de soleil qui me chauffe, prendre le temps d’observer un oiseau, savourer un chocolat chaud après le jardinage… » Sonia, 66 ans

« Accepter que le désir ne démarre plus au quart de tour. Être rattrapée par la sécheresse vaginale, c’est perturbant. Mais j’y ai gagné en bienveillance, et en partageant plus de moments de tendresse. » Dom, 56 ans

« Sois toi-même ! Le temps patine tout et nous rend le regard plus doux. Il n’est rien de plus intense que de frôler l’âme de l’autre. » Marie-Claire, 55 ans

Ce que je vais enfin faire
« Anticiper le jour où je ne pourrai plus conduire. Je vais vendre ma maison un peu isolée d’ici deux ou trois ans, pour partir vivre en ville, en Espagne, près de mes enfants qui me l’ont suggéré. Je connais déjà mon futur quartier – j’y ai maintenant des amis – et d’ici là, j’entretiens mon espagnol ! » Christine, 64 ans

« Des sessions de rattrapage sur Instagram, Snapchat… Après avoir longtemps été une maman dans le coup, j’ai décroché, côté nouvelles technologies. » Patricia, 55 ans

« Jouer avec ma guitare électro-acoustique offerte à Noël ! » Anne, 58 ans

« Tout ! Aimer encore et autrement, écrire parce que mes mots touchent le cœur de ceux qui les reçoivent, lire toujours, parcourir la France à vélo, continuer de me laisser surprendre… J’ai élevé mes enfants, travaillé, remboursé le prêt de notre maison. C’est moins le temps qui reste à vivre que sa qualité qui m’intéresse. » Marie-Claire, 55 ans

« Reprendre des cours d’anglais, c’est maintenant ou jamais ! » Lydia, 66 ans

« Me faire du bien avec l’aquagym et plaisir avec le yoga et le Pilates, découvert l’an dernier. Cette quête d’équilibre m’a conduite à Bali avec des personnes de mon cours, devenues des amis. En 2016, cap sur le Cambodge…  » Dom, 56 ans